Tout le monde descend

Il est l’heure de tester mes théories sur l’angoisse source de vie.

Je le disais la semaine dernière, j’ai trop dépensé (au sens large) et je suis en train de payer cette dilapidation par le retour des crises d’angoisse qui, plutôt qu’un flux de vie, m’imposent un retour urgent au recentrage.

Je comprends le sens global : l’arrêt imposé. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi avoir choisi mes yeux comme moyen de m’envoyer un signal brutal ? Que signifie la vision chamboulée ? Est-ce que ça veut dire que je refuse de voir la vérité ? Que je la vois de travers ? Ce symptôme m’impose l’arrêt physique immédiat pour éviter tout danger physique. En effet, comment conduire quand ma vue devient kaléidoscopique ? Et à l’opposé, comment m’arrêter pour un temps indéterminé quand je sais pertinemment qu’en m’arrêtant je gênerai ?

Ce que je comprends aussi, pour l’avoir enfin expérimenté après l’avoir lu tant de fois, c’est qu’il ne sert à rien de lutter contre la crise d’angoisse. Plus j’essaie de m’en échapper, de regarder ailleurs, de la contrecarrer, et plus elle dure et se renforce.

L’été dernier j’ai appris à les vivre, juste les vivre. Mentalement, j’écartais les bras, mains ouvertes, et je leur disais : d’accord, je suis angoissée, traverse-moi, montre-moi. Ce qui est curieux, c’est que presque instantanément la force de l’angoisse diminuait, ma vision reprenait une allure plus normale même si encore imparfaite. Reconnaître l’angoisse, c’est peut-être finalement tout ce qu’elle demande.

Ce n’est pas encore un réflexe mais j’y retourne, et ça marche à nouveau. Je n’ai de toute façon pas le choix.