Fantasme

Je ressens le besoin de préciser ce que j’entends par fantasme, parce que son acception est généralement limitée à la sexualité.

Le fantasme concerne toujours un élément qui m’est extérieur, toujours. Étant solitaire et contemplative, il est mon outil de vie.

Est fantasme, pour moi, tout ce qui n’est pas la réalité. Action comme pensées. Tout ce qui s’enracine dans mon esprit et s’y développe. Je fantasme sur une intention, sur un son que j’essaye de décrypter parce que je n’ai pas le visuel qui va avec, sur une personne qui m’intrigue parce qu’elle a l’air perdue en elle-même, etc.

Quand je rêve sur l’intérieur chaud d’un appartement éclairé que j’aperçois la nuit depuis la rue, je fantasme. Je n’ai aucune intention d’aller sonner à la porte de cet appartement, ni de reproduire la décoration que j’ai pu y apercevoir. Je laisse simplement vagabonder mon esprit, j’essaie par exemple d’imaginer l’atmosphère de la pièce ou de deviner si des amis sont attendus pour une soirée autour d’un repas.

Pas plus tard qu’hier, la luminosité de deux appartements situés l’un au-dessus de l’autre a changé à une seconde d’intervalle. J’ai imaginé que les occupants regardaient la même chaîne de télévision mais avaient un fournisseur de box différent, ce qui expliquait le décalage.

Pour moi, ces pensées relèvent du fantasme.

Quand j’imagine que quelqu’un que je connais pourrait trouver un jour ce blog et me lire, c’est aussi un fantasme, sans pour autant que j’aie toujours envie qu’il se réalise. Quand je pense de façon récurrente à la mort de ma mère – qui n’est pourtant pas malade – c’en est un aussi.

Bien sûr j’utilise aussi ce terme pour ce qui concerne ma sexualité, mais c’est à priori un thème que j’aborderai très peu ici, et le cas échéant d’une manière que j’espérerai subtile.