Maman

Maman,

J’ai le sentiment d’être devenue une ennemie, à vouloir t’inciter à faire ceci ou cela. Je ne supporte plus l’idée d’accentuer l’isolement dans lequel la maladie t’a plongée.

Tu as peut-être le sentiment que ta vie t’échappe, que son contrôle t’échappe, que ce sont désormais les autres qui décident de ce que tu peux faire ou pas. Tu as peut-être le sentiment légitime que tu sens mieux ton corps que quiconque.

Je ne veux plus être de ces autres. Je ne veux plus apparaître comme une ennemie incapable d’accepter tes choix de vie, incapable de t’accorder ta liberté d’être.

Je trouve terrible de te contraindre au silence et à la solitude parce que nous ne sommes pas capables d’accepter que, peut-être, tu en as tout simplement assez. Que tu es fatiguée, que tu n’as pas envie et que c’est devenu plus fort que le reste.

Terrible de t’obliger à te renfermer et à taire ta peur ou tes questionnements pour ne pas donner d’accroche aux injonctions inquiètes.

Maman, je serai avec toi maintenant. Je ne veux plus te trahir.

Je t’aime.

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