La Sexualité est un Royaume, son Trésor est infini

Ce texte s’inscrit dans une série de réflexions sur une expérience de sexualité tantrique ratée.

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La sexualité est le domaine le plus impliquant qui soit. Le plus fort, le plus personnel, le plus révélateur. La sexualité cristallise à la fois toutes les aspirations profondes et toutes les névroses. On peut y jouer la comédie, prendre un masque au sens propre ou au sens figuré, mais c’est aussi l’instant où être soi-même a le plus de valeur car la nudité est double : corps et âme.

Les pulsions sexuelles sont intenses, violentes, impérieuses, ce sont des pulsions de vie et de mort symbolique. Qu’est-ce que l’orgasme à part la perte totale de contrôle ? On s’en remet à l’Autre, on perd conscience, on se rend vulnérable. Dans un sens, oui, on accepte de mourir.

Si on désire vivre une sexualité épanouissante et profonde, il faut accepter de perdre le contrôle, de se sentir vulnérable et fragile. Il faut ôter sa cuirasse et laisser apparaître notre cœur palpitant. Il faut offrir avec sincérité, totalement.

Devant un tel enjeu, ce n’est pas surprenant d’hésiter avant de se montrer, pas surprenant de douter ou même d’angoisser parce qu’on sait qu’on ne pourra pas maintenir le masque longtemps ou parce qu’on a peur que l’autre fuie devant notre singularité. Pourquoi tant de monde recherche la rencontre non prise de tête, le rendez-vous rapide entre deux portes, le passage à l’acte immédiat, si ce n’est pas pour profiter du tourbillon pour se cacher ?

Je ne fonctionne pas de cette façon, mais je me cache à ma manière.

La sexualité est riche en symbolique pour moi, et la seule imagination me procure des émotions intenses. Je suis extrêmement réceptive à la beauté de ce que l’Autre m’offre. Je vois le Merveilleux, je sens l’Absolu, je suis parfois même émue aux larmes devant l’innocente simplicité d’une demande.

Je savais recevoir mais je ne savais pas donner.