First in, first in

Je veux être unique. Unique dans le sens importante, particulière, pas mélangée.

Je veux que quand on m’accorde de l’attention, ce ne soit pas un fond de casserole à moitié brûlé ou les restes de la veille. Je veux qu’on me donne tout quand on est avec moi. Que ce soit par téléphone, par SMS ou en visu.

Or j’en suis maintenant persuadée, la part de soi qu’on réserve au relationnel n’est ni prédécoupée ni pré-attribuée. C’est le principe du premier arrivé, premier servi, à condition toutefois que le niveau d’entente soit suffisant.

Pour cette raison j’aurais aimé être fille unique. Je n’aurais pas nécessairement été plus proche de ma mère, je n’aurais pas pour autant été différente, mais elle aurait capitalisé son manque de relationnel et au bout d’un moment elle aurait eu quelque chose de valable à me donner.

C’est un des multiples symptômes de la différence infranchissable entre elle et moi. Pourtant, au fond de moi j’espère toujours devenir un jour sa préférée.

Je suis aigrie, mais je suis aussi lucide. Au fond c’est comme ça que marchent les relations, et c’est normal. On va vers ce qu’on préfère, ce qui nous stimule ou ce dont on se sent proche. Le reste c’est la périphérie, c’est facultatif, c’est pour les périodes de disette.