Etat des lieux

Autant l’état des lieux d’entrée a toujours eu pour moi quelque chose de joyeux par le renouveau qu’il annonce, autant l’état des lieux de sortie, maintenant que le rendez-vous est pris, m’attriste.

Qu’il y ait eu des inconvénients majeurs dans cet appartement devient secondaire. Le nouvel appartement réglant à priori ce problème et proposant beaucoup d’autres avantages en plus, je ne suis plus dans l’état de stress lié au vacarme de voisins indélicats. Mon niveau de stress à ce sujet s’est considérablement réduit, voire il n’existe plus.

Maintenant ne reste plus que la tristesse de quitter un lieu dans lequel j’ai vécu des choses intenses, un lieu dont la présence occasionnelle de certains visiteurs a laissé une empreinte imaginaire. Une sonnette, une porte, un parquet qui craque, une respiration, une apparition. Je revois encore ces images, j’entends encore ces sons. En quittant ce lieu définitivement, c’est aussi eux que je quitte un peu plus.

J’avais déjà eu ce ressenti lors de mon précédent déménagement. J’avais culpabilisé car je quittais le dernier appartement où avaient vécu mes chats avant de mourir. J’avais le sentiment de les abandonner, je les laissais derrière moi. C’était en partie pour cela que j’avais tardé à déménager, je me battais avec ma conscience. J’y serais peut-être même encore si le propriétaire ne m’avait pas délogée pour vendre !

Aujourd’hui ce sont deux personnes que j’abandonne. S’ils passent devant mes fenêtres, ils verront les volets clos désormais. Et lorsqu’ils se rouvriront, ce ne seront plus mes voilages rouges qu’ils verront.

Je me sens nostalgique. Le temps passe, les choses changent et on ne revient jamais en arrière.