Et si l’angoisse était une chance ?

Et si au lieu d’être la pulsion de folie ou de mort qu’elle a l’air d’être, elle était en fait une pulsion de vie ? La plus belle qui soit puisque venant de l’Intérieur !

Des bâtons dans mes roues

Le sujet des angoisses me préoccupe depuis longtemps puisque j’ai pour ainsi dire toujours été angoissée, avec des pics de crises par périodes. Des belles crises d’angoisses, fortes, invalidantes, éreintantes, mais aussi de l’angoisse latente moins violente mais plus sournoise parce qu’elle dure plus longtemps, et qu’elle empoisonne mon quotidien en me donnant la sensation de ne plus m’appartenir.

Je les ai toujours considérées comme des empêcheuses de tourner en rond. J’ai essayé de les combattre avec des anxiolytiques et de comprendre leur sens, mais j’avais en fait le nez dans le guidon ! J’étais trop près, j’avais une vision partielle de l’angoisse, et plus j’essayais de la décortiquer rationnellement, plus je m’enfonçais dedans.

Il aurait fallu que je voie plus large, plus loin, mais je n’en étais pas encore capable. Prendre de la distance était difficile et, paradoxalement, il m’était plus facile de m’accrocher à mes symptômes comme à des bouées.

Le choc, la révélation

Jusqu’à ce matin, où cette question m’a sauté à la figure en lisant un des résultats à ma recherche Google « angoisse énergie non utilisée ». Le titre du résultat était : Vaincre son angoisse en la transformant en excitation. Un titre qui collait tellement à l’une de mes interrogations actuelles que je me suis exclamée : « C’est ça, en fait !! »

Je ne suis certainement pas la première à avoir cette vision différente de l’angoisse, mais c’est la première fois que je la ressens aussi profondément, la première fois qu’elle jaillit de mon Intérieur, la première fois qu’elle n’est pas seulement la compréhension en surface, avec ma raison, d’une information extérieure.

Énergie de vie

Et si l’angoisse était quelque chose de positif ? Une énergie créatrice, vivante ? Une source d’énergie personnelle qui ne dépend de rien d’autre que de soi ? Et si l’angoisse devenait un moyen de mobiliser l’Être pour l’emmener vers sa vraie identité ? Je m’interroge.

Et donc ça me ramène, mais beaucoup plus joyeusement cette fois, à ma question d’hier : quoi faire de cette énergie que je ne peux plus utiliser n’importe comment avec l’extérieur ?

Palliatifs du passé

Dans le temps, elle m’aurait entraînée dans des achats compulsifs dont je ne me serais jamais servie. D’ailleurs je constate en ce moment un léger retour de ce comportement. Léger parce que j’en ai conscience et que j’arrive la plupart du temps à le contrôler, mais clairement il est là de nouveau.

Ou bien elle m’aurait amenée à retourner sur des sites de rencontres et j’aurais canalisé ce flux énergétique en réécrivant à l’infini un même message jusqu’à ce qu’il soit parfait à mes yeux, à la virgule près ! Ce temps passé à retravailler mes mots m’aurait fait prendre conscience de moi au fur et à mesure que je nuançais. Des heures à me concentrer sur quelques lignes, comme un faisceau laser qui part de large pour arriver très fin et très puissant, du condensé.

L’angoisse, la voie de la tranquillité

Je sens que je dois comprendre quelque chose là-dedans, et aussi que je dois trouver le moyen d’utiliser toute la puissance de cette énergie, toute sa force créatrice, d’une façon telle qu’après je sente que j’en ai fait quelque chose de juste et de profond qui me correspond, que j’en ai utilisé jusqu’à la dernière goutte et que j’en ressors à la fois pleine, un peu plus construite, une brique personnelle en plus, et à la fois libérée d’une tension bien utilisée !

Je pense que oui, la tension doit être réduite, mais mon intention et ma méthode sont mauvaises. Au lieu de chercher à supprimer purement et simplement la tension pour la réduire à néant et redevenir tranquille, je devrais envisager de l’utiliser comme flux chargé de vie, et en faire quelque chose. Alors utilisée correctement, elle diminuera peut-être momentanément et reviendra ensuite pour que je complète ma création !

Tension et angoisse comme forces de vie, qui deviennent toxiques et dangereuses si ignorées, mais fondatrices si utilisées de façon intègre et totalement en adéquation avec l’individualité.

Je pense que je cherche trop à étouffer cette tension alors que je devrais la canaliser et en faire une force. De ce point de vue, pas étonnant que je me sente tant étouffer et serrée !

Du coup, quand je vois maintenant des phrases du type « comment se débarrasser de l’angoisse », je me dis « surtout pas ! ». Alors c’est facile de dire ça quand je ne suis pas en crise (quoique, depuis une bonne heure je me sens bien plus angoissée que ces deux derniers jours, par exemple), mais je pense que c’est une idée plus que valable.

De là à dire que l’angoisse est une chance, je n’en suis pas loin, aujourd’hui.

Angoisse créatrice

J’ai déjà entendu parler d’artistes qui étaient très angoissés et qui utilisaient cette angoisse pour créer. Des tableaux, des livres. Comme en ce moment j’ai plus de facilités à observer les autres qu’à lire un livre, par exemple, je pourrais imaginer me poser quelque part où je verrais passer des gens, je les entendrais, je pourrais les regarder à ma guise, discrètement. Peut-être parmi eux certains hommes me plairaient et déclencheraient un processus de fantasme, un fantasme qui ne dépendrait que de ce qu’ils m’évoquent !

A l’assaut des sources d’inspiration !!