Culture tardive

Émotionnellement j’ai le sentiment d’être dans ma propre farce, celle de celle qui veut jouer dans la cour des grands alors qu’elle n’en a ni les moyens ni l’étoffe. Je suis une BALZAC qui tente de camoufler un manque de finesse intérieure et extérieure par un vernis culturel sur le tard.

Non émotionnellement (qu’est-ce qui s’oppose à l’émotion ? la raison ? la pensée ?) j’essaie de faire mieux que ce qu’on a fait de moi.

Mais ce chemin et cette méthode ne sont pas ceux qu’on m’a inculqués à la base. D’où, je pense, ce sentiment d’usurpation et de triche. En une phrase : péter plus haut que mon cul.

En changeant de méthode je me sens traitre, j’abandonne sur le bord de la route ceux qui ne peuvent pas me suivre. Mais face à ceux qui sont déjà devant, je me sens en dessous.

Traître et imposteur. L’émotion colore mal le processus dans lequel je suis.

Poursuivre mon chemin, c’est nécessairement m’éloigner de ceux qui m’ont faite, c’est leur devenir étrangère. Alors il y a lutte intérieure.