Ce que je pourrais objecter

Il y a des personnes avec qui on sent que la communication est fluide, on sent que nos questions sont entendues, prises en considération, on sent qu’on tentera d’y répondre en offrant tous les éléments dont on dispose.

Il y a des personnes qui peuvent tout obtenir de l’autre parce qu’elles l’abordent d’une manière non frontale, en douceur, en l’accompagnant, en prenant le même chemin que lui jusqu’à ce qu’il se rende compte de lui-même qu’il existe une destination qu’il n’avait pas prévue au départ et qu’il souhaite maintenant s’y rendre.

Des personnes intelligentes et ouvertes qui ne se sentent pas menacées en permanence et qui, grâce à cette absence de stratégie ou de méfiance, savent être avec.

Et il y a des gens avec qui on se sent comme face à un mur. Des gens qui disent non avant d’observer réellement. Des gens qui cloisonnent et peu importent leurs raisons, le résultat est un enfermement. Des gens qui ont peur et qui ont gardé leur âme d’écolier qui cache sa feuille pour que l’autre ne voit pas ce qu’il fait, ni, au fond, qui il est.

Des gens rendus obtus par leur désir de tout contrôler. Tout, même l’obstination puérile, plutôt que de risquer d’être déséquilibrés par le souffle de l’autre qui n’est pas eux et dont ils ne peuvent anticiper les réactions et les demandes.

S’il devenait mon responsable, je crains de perdre mon autonomie, ma liberté d’organiser mon travail comme je le souhaite et comme ça me ressemble, de la façon qui à la fois m’épanouit, me calme, me concentre, me rend efficace et professionnelle. Cette façon qui fait qu’en général mon travail est reconnu et apprécié.

S’il devenait mon responsable, je devrais lutter pour continuer de me ressembler, ce qui deviendrait rapidement un non-dit, une pression. J’irais à reculons. Je perdrais ma motivation, mon envie de bien faire, car il y aurait trop de règles imposées de la part d’une personne qui a encore plus peur que moi.

Ponctuellement je peux travailler avec lui. Mais ces séances ponctuelles m’ont justement donné l’idée que travailler avec lui d’une façon permanente serait étouffante et que je me sentirais lésée, muselée, réduite.

Bien sûr je suis consciente du fait que la décision ne m’appartient pas. Mais j’apporte des arguments basés sur mon ressenti, sur la connaissance de ma personnalité autant que sur mon expérience de cette personne, et j’espère que tu en tiendras compte dans tes réflexions.