Anticipation d’un dégoût

Ce texte s’inscrit dans une série de réflexions sur une expérience de sexualité tantrique ratée.

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Plus basiquement je crois aussi que je ne voulais pas me sentir symboliquement pénétrée par cet homme qui ne me plaisait pas, je ne voulais pas me dire que j’avais accepté l’inacceptable. L’idée de me dégoûter moi-même ensuite, sans rien pouvoir faire pour corriger la situation parce que ce qui est fait est fait, m’était insupportable.

Une situation pourtant mainte et mainte fois vécue dans des relations sentimentales ordinaires. Mais là je ne voulais pas. Peut-être parce que je savais qu’à la différence de mes relations ordinaires, lui ne s’arrêterait pas à une expression de dégoût ou à une envie de ne plus évoquer le sujet. Ce qui aurait prolongé, voire amplifié le dégoût, tant que l’abcès n’aurait pas été totalement vidé, nettoyé et pansé.

S’il s’agissait à nouveau de lui, je pense qu’il me serait toujours compliqué d’agir ou d’être autrement. La seule différence est cette capacité assez récente à me centrer et à me sentir totalement présente, quelque soit la situation. Ce n’est pas automatique, il me faut faire l’effort de rechercher le centrage, mais c’est dorénavant faisable.

Ce qui fait que même dans une situation de non désir voire de dégoût, je peux être totalement présente et vivre quelque chose de qualité, puis le nommer. Mais ça resterait une forme de travail.