À propos


Je suis une personne secrète, pas vraiment loquace. La plupart du temps mes phrases restent en moi, elles ne vont pas plus loin que l’endroit où elles sont nées. D’ailleurs, cette tendance s’accentue avec le temps.

Une vitrine publique est normalement incompatible avec ma nature intime et secrète, mais elle est nécessaire par moments, que ce soit pour ne pas sombrer vraiment dans la folie ou pour continuer de découvrir mon identité profonde

M’exprimer…

Quand je suis en boucle

Ça peut être parce que des ruminations tournent en rond dans ma tête, sans perspective nouvelle ni porte de sortie. Ces pensées-là sont rarement intéressantes, souvent purement émotionnelles – et on ne peut pas discuter dans l’émotionnel, tout est travesti, trompé, grimé. Quand elles m’obscurcissent l’esprit elles en viennent à me rendre stupide, toute intelligence me quitte : je ne raisonne plus, je triture à l’infini la même bouillasse pâteuse, essayant d’en faire des bonshommes ou des châteaux, mais rien à faire : tout retombe en bouillasse, toujours.

Dans ce cas, écrire me fait croire que je vais pouvoir mettre un terme à ces pensées néfastes, qu’en les extériorisant, les exorcisant, je vais pouvoir les faire sortir de ma tête pour passer à autre chose ! L’expérience me prouve que non : écrire dans un état émotionnel prolonge et amplifie l’état émotionnel. S’il est des émotions bonnes à amplifier, comme tout ce qui touche au sentiment amoureux, il en est d’autres qu’il vaudrait mieux se contenter de regarder passer au loin.

Malgré ça, il arrive que je ponde un message sans sens lorsque je suis dans une phase d’engloutissement. « Pondre », ça ne vaut pas mieux que ça. Je pourrais même dire que je régurgite. Rien de bien passionnant, voire de l’effrayant à lire, la folie donne l’impression de me guetter au tournant. Généralement je le supprime peu de temps après.

Réflexions plus travaillées

Le besoin de m’exprimer se fait aussi sentir lorsque mes réflexions sont assez abouties pour être mises sur papier sans risquer d’interrompre un processus important. L’écriture et la parole permettent de faire naître l’invisible, de le mettre à jour, et donc de le confronter au couperet de la lumière.

Dans ce cas-là, fixer mes pensées me permet de les faire sortir de mon esprit. Ce qui ne marche pas dans l’émotionnel fonctionne ici. Je fais alors de la place pour d’autres pensées.

Parfois il s’agit simplement de mettre en forme, un travail de construction qui évite de me faire retourner dans la bouillasse en accaparant mon attention et ma concentration. Parfois c’est au contraire la naissance de la matière, un premier jet souvent bouillonnant et touffu

Commentaires

L’esprit des commentaires publics est en désaccord avec ma nature profonde, c’est pourquoi je ne les autorise pas.

Plus tard, peut-être, je mettrai mon adresse mail, parce que recevoir un message dans ma boite aux lettres est quelque chose que je peux envisager.